Entreprises : comment anticiper les risques liés à la canicule ?

04 - Juillet - 2026

Les épisodes de fortes chaleurs deviennent plus fréquents et plus intenses en France. Pour les entreprises, la canicule ne relève plus seulement du confort de travail : elle constitue désormais un véritable enjeu de santé et de sécurité au travail. Depuis l’entrée en vigueur du décret n°2025-482 du 27 mai 2025, les employeurs doivent intégrer le risque de chaleur intense dans leur politique de prévention et mettre en place des mesures concrètes pour protéger leurs salariés.

Cette évolution réglementaire concerne toutes les structures, des TPE aux grandes entreprises, et touche aussi bien les activités de bureau que les métiers exposés en extérieur. Les secteurs comme la restauration, le bâtiment ou encore l’industrie sont particulièrement concernés. Pour un dirigeant, comprendre ses nouvelles obligations est devenu indispensable afin de limiter les risques humains, juridiques et financiers.

Un nouveau cadre légal depuis 2025

Le décret n°2025-482 du 27 mai 2025 marque une étape importante dans la prévention des risques professionnels liés à la chaleur. Applicable depuis le 2 juillet 2025, ce texte impose aux employeurs d’anticiper les épisodes de chaleur intense et d’adapter leur organisation de travail lorsque les seuils de vigilance Météo-France sont activés.

Contrairement à certaines idées reçues, il n’existe pas de température maximale légale au-delà de laquelle le travail devient automatiquement interdit. En revanche, le Code du travail oblige désormais l’employeur à évaluer les risques liés à la chaleur et à mettre en œuvre des actions adaptées à la réalité du terrain.

L’INRS considère toutefois comme repères une température de 30 °C pour une activité sédentaire et de 28 °C pour une activité physique. Ces seuils restent indicatifs, car d’autres facteurs doivent être pris en compte : humidité, exposition au soleil, effort physique, ventilation ou encore port d’équipements de protection.

Pour les entreprises, cette réforme signifie une responsabilité renforcée. En cas de contrôle ou d’accident, l’employeur doit être capable de démontrer qu’il a identifié les risques et pris les mesures nécessaires pour protéger ses équipes.

Toutes les entreprises sont concernées

Le décret ne cible pas uniquement les métiers exercés en extérieur. Toute entreprise dont les salariés peuvent être exposés à une chaleur excessive est concernée.

Dans la restauration par exemple, les cuisines concentrent souvent plusieurs facteurs aggravants : fours, plaques de cuisson, faible circulation de l’air et rythme de travail soutenu. En période de canicule, les températures peuvent rapidement devenir difficiles à supporter pour les équipes.

Les entreprises industrielles sont également exposées lorsque les machines produisent de fortes chaleurs ou lorsque les locaux sont insuffisamment ventilés. Même des bureaux peuvent devenir problématiques en cas de mauvaise isolation ou d’absence de climatisation.

Cette obligation de prévention concerne donc l’ensemble des employeurs, quel que soit leur secteur d’activité. Pour une entreprise, le sujet ne peut plus être traité comme une simple recommandation de bon sens. Il s’agit désormais d’une obligation réglementaire à intégrer dans la gestion quotidienne des risques professionnels.

Les obligations concrètes de l’employeur

Le texte de 2025 impose plusieurs mesures précises afin de limiter les risques liés aux fortes chaleurs.

La première obligation consiste à évaluer le risque chaleur dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). L’entreprise doit identifier les postes les plus exposés, analyser les situations à risque et définir les mesures de prévention adaptées.

L’organisation du travail doit également être revue lorsque les températures deviennent trop élevées. Cela peut passer par un démarrage plus matinal des équipes, une réduction des tâches physiques pendant les heures les plus chaudes ou encore la mise en place de pauses supplémentaires.

L’accès à l’eau potable fraîche constitue aussi un point central du dispositif. L’employeur doit mettre à disposition une quantité suffisante d’eau fraîche à proximité des postes de travail. Sur les chantiers du BTP sans eau courante, le Code du travail prévoit un minimum de trois litres d’eau par jour et par salarié.

Le décret prévoit également l’utilisation d’équipements adaptés afin de maintenir une température corporelle stable. Ventilateurs, zones ombragées, vêtements adaptés ou dispositifs de rafraîchissement peuvent être nécessaires selon les situations.

Enfin, l’entreprise doit prévoir une procédure de secours rapide en cas de malaise ou de détresse d’un salarié. Les travailleurs isolés ou particulièrement vulnérables nécessitent une vigilance renforcée.

Pourquoi le secteur du BTP est particulièrement exposé ?

Le bâtiment et les travaux publics figurent parmi les secteurs les plus touchés par les épisodes de canicule. Les salariés y travaillent souvent en plein soleil, sur des surfaces fortement exposées à la chaleur, avec des efforts physiques importants.

Le décret de 2025 vise explicitement les chantiers du bâtiment et de génie civil. Les risques liés à la chaleur doivent désormais être intégrés dans les documents de prévention du chantier, notamment dans le PPSPS (plan particulier de sécurité et de protection de la santé).

Pour les entreprises du BTP, la prévention devient donc une obligation réglementaire au même titre que la gestion des autres risques professionnels.

Mais le secteur fait également face à un enjeu économique important : l’arrêt éventuel des chantiers pendant les périodes de chaleur extrême. Dans certaines situations, poursuivre l’activité peut mettre en danger la santé des salariés.

Le régime de chômage intempéries permet alors de prendre en charge une partie des indemnités versées aux salariés lorsque l’arrêt du chantier est rendu nécessaire par les conditions climatiques. Depuis plusieurs années, la canicule fait partie des conditions atmosphériques reconnues dans ce dispositif.

Pour les entreprises du bâtiment, il est donc essentiel de maîtriser à la fois les obligations de prévention et les démarches administratives liées au régime intempéries.

Les conséquences pour les TPE et PME

Pour une petite entreprise, les épisodes de canicule peuvent rapidement désorganiser l’activité. Une équipe fatiguée travaille moins efficacement, les risques d’erreurs augmentent et les accidents deviennent plus fréquents.

Dans une cuisine de restaurant, quelques absences ou malaises peuvent suffire à déséquilibrer totalement le service. Dans le BTP, une mauvaise anticipation peut entraîner des retards de chantier et des conséquences importantes sur la trésorerie.

Le décret pousse donc les dirigeants à anticiper davantage. Prévoir des stocks d’eau, organiser des rotations sur les postes les plus exposés, adapter les horaires ou encore formaliser des consignes internes deviennent des réflexes indispensables.

Au-delà de l’aspect réglementaire, cette prévention constitue aussi un levier de performance. Des salariés mieux protégés restent plus efficaces et plus vigilants malgré les fortes chaleurs.

Les bonnes pratiques à mettre en place dès maintenant

La meilleure stratégie consiste à anticiper avant l’arrivée des fortes chaleurs. Une entreprise ne doit pas attendre la prochaine alerte météo pour agir.

La mise à jour du DUERP représente la première étape essentielle. Le risque chaleur doit y apparaître clairement avec les mesures de prévention prévues.

Il est également recommandé de formaliser une véritable procédure canicule. Chaque salarié doit savoir qui prend les décisions, comment signaler un malaise et quelles mesures appliquer en cas d’alerte météo.

Les entreprises doivent aussi identifier les postes les plus exposés et les salariés vulnérables afin d’adapter les conditions de travail si nécessaire.

Dans le secteur du BTP, il est enfin important de sécuriser les démarches liées au régime de chômage intempéries afin d’éviter tout problème administratif ou financier.

Face à des étés de plus en plus chauds, la prévention du risque chaleur devient désormais un sujet central pour les employeurs. Cette évolution réglementaire impose une nouvelle organisation mais permet aussi de mieux protéger les salariés et de limiter les conséquences humaines et économiques des épisodes de canicule.

Pour les dirigeants, se faire accompagner par un expert-comptable au Mans ou un spécialiste de l’expertise comptable peut également permettre de sécuriser les aspects organisationnels, financiers et administratifs liés à ces nouvelles obligations.

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